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Indépendant, freelance : de quoi parle-t-on ?

De Ali Rami le 9juin, 2021

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Ali Rami

CEO & Co-founder

Quel est le rapport entre les freelances, des mercenaires médiévaux et Ivanhoé ? Les “free lances” justement. Walter Scott, l’auteur d’Ivanhoé, utilise pour la première fois ce terme à l’écrit dans son roman : “I offered Richard the service of my Free Lances”. Le terme était déjà utilisé à l’oral depuis le début des années 1800 pour désigner les mercenaires médiévaux qui combattaient pour le pays qui les payait le mieux. Si vous êtes freelance, vous êtes donc la version moderne des mercenaires. ;-) 

 

Sommaire: 

1) Freelance et indépedant

2) Essors des indep

 

 

Pourquoi nous vous disons tout ça ? Aujourd’hui, les mots freelances et indépendants sont souvent utilisés alternativement, comme s’ils étaient synonymes. Ils ont pourtant des significations légèrement différentes en français. Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi ça compte. C’est aussi l’occasion de nous attarder sur le marché des indépendants et des freelances en France et en Europe, avec quelques chiffres à la clé et d’évoquer ses perspectives. Rejoins-nous pour cette lecture, mercenaire ! 

 

Freelance et indépendant : quelles différences ? 

Définitions des concepts

Pour bien utiliser les mots, il faut déjà connaître leur définition exacte. C’est parti :

  • Pour faire simple, les travailleurs indépendants sont ceux qui sont “à leur compte”. 

Le portail de l’administration française le définit comme suit :
“Le travailleur indépendant exerce une activité économique en étant à son propre compte. Il est autonome dans la gestion de son organisation, dans le choix de ses clients et dans la tarification de ses prestations. Par ailleurs, il n’est pas lié par un contrat de travail avec l’entreprise ou la personne pour laquelle il exécute sa mission. Il n’existe pas de lien de subordination entre le donneur d’ouvrage et le travailleur indépendant”.
En résumé, les personnes qui exercent leur activité professionnelle sans être embauchées dans une entreprise sont des indépendants. Cela concerne aussi bien le boulanger que l’électricien, le médecin ou l’avocat, l’intermittent du spectacle ou encore le développeur web. C’est une catégorie très large. 

 

  • Les freelances, quant à eux … et bien, il n’existe pas de définition précise du terme en fait ! En anglais, le terme freelance est équivalent à “travailleur indépendant”. Dans ce sens, on pourrait donc qualifier l’électricien de freelance. Cependant, dans son acception en français, le mot freelance désigne un travailleur indépendant qui vend ses services spécialisés - des prestations souvent qualifiées d’intellectuelles - à des entreprises. Cet indépendant est seul (sans salarié), a plusieurs clients et ne dispose généralement pas d’un local commercial (mais peut bien sûr avoir des bureaux dans un coworking par exemple).
    Quand on utilise le mot freelance, on pense donc plutôt aux développeurs web, journalistes, webmasters, graphistes, rédacteurs, etc qui sont à leur compte. 

 

Pour illustrer les choses autrement : le mot indépendant est comme une grappe de raisin. Freelance en est un des grains, mais il en existe d’autres : les artisans-commerçants, les artistes-intermittents et les professions libérales. (A noter que la taille des grains ci-dessous n’est pas proportionnelle au nombre d’indépendants pour chacune !)

 

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Différence entre statut social et statut juridique

Le freelance est un indépendant, mais la réciproque n’est pas forcément vrai. Un indépendant peut être freelance, mais il peut aussi être artisan par exemple. Quoi qu’il en soit, indépendant et freelance sont des statuts sociaux, pas juridiques. Traduction : vous n’êtes pas freelance pour vos déclarations sociales mais entrepreneur individuel, en SASU ou EURL par exemple. Et la micro-entreprise n’est pas un statut, mais un régime particulier au sein des entreprises individuelles. 





L’essor de l’indépendance 

Maintenant que nous avons fait le point sur les mots, intéressons-nous aux chiffres de l’indépendance et du freelancing en France. 

Des indépendants qui comptent : 3,6 millions en France 

Si l’indépendance a la cote aujourd’hui, cela n’a pas toujours été le cas. Entre 1980 et 2000, la part de travailleurs indépendants a connu une chute notable. Depuis une vingtaine d’années, elle ne cesse d’augmenter : elle est passée de 10,9% en 2004 à 12,1% en 2019 (source INSEE). Ce chiffre est proche de la moyenne de l’Union européenne. 

 

Il y avait donc 3,6 millions d’indépendants en France à la fin 2019. En 10 ans, c’est une augmentation d’environ 1 million, qui prouve l’attractivité de l’indépendance aux yeux des Français et les évolutions des modes de travail. A noter que la part d’indépendants sans salariés augmente dans l’Union européenne : cela concerne 72% des indépendants en 2018 contre 67% en 2002.

 

En France, le développement de l’indépendance a notamment été facilité par la réglementation, avec l’institution du régime de la micro-entreprise. Sur les 3,6 millions d’indépendants, 1,7 million sont des micro-entreprises. 

 

Focus sur les freelances 

Vous l’avez bien compris : la définition du terme “freelance” en français n’est pas la plus précise du monde. Cependant, pour vous donner une idée du marché que cela représente en France et en Europe, nous allons utiliser l’étude Malt x BCG : “le Freelancing en Europe en 2021” et nous fonder sur leur définition. Ils parlent de “digital freelancers”, ce qui correspond en somme aux professions que nous évoquions précédemment. 

 

En Europe, 22 millions de personnes sont des travailleurs à leur compte, ou travailleurs indépendants. Parmi eux, ceux qu’on appelle les freelances prennent une part de plus en plus importante depuis 10 ans. Cela est visible dans tous les pays européens (à l’exception de l’Allemagne, qui connaît une légère décélération - mais le pays était plus en avance que les autres sur l’adoption du freelancing). 

 

Qui sont les freelances européens ? Le portrait-robot décrit par Malt et le BCG est le suivant : plutôt un homme déjà, à 65%. En France, la répartition est 55% hommes - 45% femmes. Ensuite, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les freelances n’ont pas 20 ans : la plupart d’entre eux ont une quarantaine d’années et ont une formation académique supérieure (75% ont au minimum un BAC+3 et 54% un BAC+5). En France, la moyenne d’âge des freelances est de 37 ans, contre 45 ans en Allemagne par exemple. 

 

Un autre point intéressant, qui vient contredire les clichés qui existent encore sur ce statut, est le choix de devenir freelance. La plupart des personnes interrogées ont fait un choix délibéré, après quelques années d’expérience professionnelle pour 95% d’entre eux. Le freelancing ne se fait pas par défaut pour eux, mais pour répondre à des besoins précis. Le top 3 : gérer son temps librement (81%), faire ses propres choix pour sa carrière (76%) et choisir d’où travailler (73%). 

 

En résumé, les freelances européens apprécient leur statut : 84% d’entre eux sont satisfaits par leur travail en tant que freelance. Côté salariés, la satisfaction est moins élevée de 10 points (73% en France). Surtout, 79% des personnes qui quittent leur emploi le font en raison d’un manque de reconnaissance. Les freelances européens, qui ont eu entre 5 et 9 ans d’expérience dans le monde corporate avant de se lancer, trouvent cette reconnaissance dans leur indépendance. 70% d’entre eux se sentent valorisés pour le travail qu’ils effectuent. 

Demain, tous indépendants ?

On lit de plus en plus souvent que l’ère du salariat arrive à sa fin et que nous serons tous indépendants demain. Sans aller jusque-là, nous constatons tous que les modes de travail évoluent. D’ailleurs, la crise sanitaire en a été un accélérateur avec la généralisation du télétravail. 

 

Ce qui est certain, c’est que le salariat traditionnel ne fait plus forcément rêver. D’ailleurs, 84% des freelances français interrogés par Malt et le BCG ne souhaitent pas retourner vers le salariat. L’indépendance ne correspond cependant pas à tout le monde. Bien sûr, ce statut apporte plus de liberté, mais il implique aussi plus d’insécurité, d’activités administratives et comptables, etc. Il faut donc se poser les bonnes questions avant de se lancer. 

 

En parallèle, la société doit adapter ses services aux indépendants. On entend encore trop souvent des histoires de freelances qui galèrent à louer un appartement ou à obtenir un prêt en raison de leur statut. Heureusement, de nombreux services se développent pour pallier le décalage entre la société et ce mode de travail. Mansa est d’ailleurs là pour cela : vous donner un coup de pouce financier dans votre aventure indépendante, en cas de besoin. 

Faire une simulation non engageante


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